Utiliser Tinder comme un UX Writer

Pour être totalement franc, je ne suis pas sûr d’avoir cerné les tenants et aboutissants du métier d’UX Writer.

D’après les internets, ce zigoto met du beurre dans ses épinards en travaillant sur de la rédaction optimisée pour l’entreprise. Choisir la bonne intonation, les bons mots, la bonne police, etc. en fonction de la vision du projet.

Ce qui, quand c’est bien mené, se faire vraiment ressentir dans l’expérience. Black Market une marketplace de lutte contre l'obsolescence programmée, par exemple, arrivent se différencier dans leur communication ce qui entraîne certainement un très bon taux de bouche à oreilles.

J’ai essayé d’utiliser des principes d’écriture sur Tinder (en vain).

- Proposer une mauvaise idée

Malgré ce que la croyance populaire laisse prétendre, ce n’est pas propre aux français d’aimer les beaux perdants. C’en est même devenu, au fil de l’évolution, le propre de l’Homme que de ressentir de l’empathie envers son prochain. Ce, à tel point, d’accorder davantage de sympathie envers celui qui essayera sans réussir, que celui qui réussira.

C’est pourquoi, il est important de faire en sorte que le héros essaie des choses en vain.

- Être pertinent

J’avais lu d’Astier que ‘votre cible veut quelque chose qu’elle a déjà vu, un truc qu’elle croit aimer’. Or, et c’est là où le bât blesse, on ne donne pas aux gens ce qu’ils attendent, mais ce dont ils ont besoin. L’histoire qu’on raconte se doit de véhiculer un message intéressant, et non un message intéressant à écrire.

- Faire simple

La simplicité est le summum de toute chose parce qu’elle renferme une complexité insoupçonnée. On peut lire dans On Writing de Stephen King qu’il est important de simplifier l’histoire, retirez ce qui n’est pas indispensable. Garder en tête l’objectif et demandez-vous si ce que vous dites vous fait avancer vers celui-ci.

Prendre un chemin de traverse doit être justifié. On a quelquefois envie de raconter des choses, on a l’impression de d’avoir encore des choses à dire, abstenez-vous. Faites de cette citation de Antoine de Saint-Exupéry un mantra : “la perfection est atteinte, non pas lorsqu’il n’y a plus rien à ajouter, mais lorsqu’il n’y a plus rien à retirer.”.

- Être ridicule

Tous les Pixar et les films d’une manière générale humanisent leur personnage principal. Il le mettent en difficulté dans des situations inconfortables, des situations dont il n’a pas l’habitude pour montrer ses failles.

Pour ce faire, il est indispensable d’identifier ses forces et faiblesses. Quel est son talon d’Achille ?

- Savoir s’arrêter

Quand arrêter ? Vaste sujet au point d’en être une branche de la théorie des probabilités.

Il n’existe pas à ma connaissance de formule magique afin d’identifier le moment opportun pour mettre un terme à son histoire. Cependant, une chose est sûre, abandonner au premier signe de défaite est assurément une mauvaise idée. Car abandonner ne veut pas dire s’arrêter. L’abandon fait parti du jeu.

On en veut toujours plus. C’est ce qui rend si difficile de s’arrêter. Avoir identifié un objectif au préalable, un message à transmettre peut permettre de savoir s’il est temps de terminer.

Arrêtez-vous à un moment, même si tout n’est pas comme vous l’aviez imaginé, vous ferez mieux à la suivante.

- À mort les personnages sans âme

Les histoires ne sont que le reflet de notre société, et dans la vie de tous les jours on n’aime pas

Donnez des opinions à vos personnages. Des personnages passifs ou malléables vous paraîtront peut-être agréables, mais ils seront un véritable poison pour le public.

- Attention au hasard

Le hasard est un générateur à problèmes. En aucun cas le hasard doit être utiliser pour résoudre une situation car ce ne sera pas réaliste. Dans la vraie vie ça n’arrive jamais…

Quelques conseils :

  • Ajouter les bon détails. Un bon détail doit permettre de visualiser la scène, s’identifier (des chiffres ou descriptions par exemple).

  • Une astuce est de terminer son histoire sur la situation initiale changée par le chemin parcourir par le héro. Pour montrer en quoi la solution a résolue le problème.

  • Commencer sur les chapeaux de roue peut permettre d’accrocher facilement n’importe qui. Cela dit attirer l’attention est une chose, conserver l’attention en est une autre. Par exemple, dans sa conférence TED sur les maladies mortelles transmisses par les moustiques, Bill Gates a lâche des moustiques dans la salle pour montrer le danger.

  • On préfère les héro prêts à tout que les héros victorieux. Vos résultats ont été difficile à obtenir, montrez-le. Montrez les difficultés que vous avez du endurer. Quels sont les points faibles de votre solution ? Montrez votre solution face à ces points faibles. Montrez sa robustesse.

  • Rappelez-vous de la phrase de Saint-Exupéry : la simplicité est atteinte quand il n’y a plus rien à retirer. C’est quoi le coeur du sujet ? Qu’est-ce qui ne doit pas être retiré ? 

  • Pourquoi cette solution particulièrement ?

  • Utiliser une baguette magique pour montrer comment la solution pourrait être mise à rude épreuve, c’est bien. L’utiliser pour éviter les obstacles, c’est tricher.

  • Présenter le contexte sans le problème à résoudre pour expliquer les règles du jeu.

Les histoires ne sont que des données avec une âme.

Carmine Gallo

Communiquer, tout une histoire …

Aristote pensait que la persuasion se produisait seulement lorsque trois éléments étaient juxtaposés :

  • L’ethos : s’adresse à vos valeurs. Elle se réfère à vos expériences ou à votre éducation, les deux peuvent gagner la confiance de votre public.

  • Le logos : se réfère aux bases logiques de votre argument, qui peuvent inclure des statistiques ou autres données destinées à convaincre votre audience sur les raisons concrètes de votre point de vue.

  • Le pathos : est la connexion émotionnelle que vous parvenez à générer avec votre audience.

Gallo (auteur livre TED Talk) a découvert que la plupart des conférences TED les plus populaires comprenaient 65 % de pathos, 25 % de logos et 10 % d’ethos.

En effet, les histoires rendent la présentation moins abstraite, plus identifiable et en facilite la compréhension. Il y a trois types d’histoires qui peuvent vous aider à y parvenir : l’histoire personnelle, une histoire à propos d’autrui et une histoire sur les marques, entreprises ou organisations en réussite.

Cela permet au public de sentir les émotions comme s’ils étaient au premier plan et d’installer une connexion entre l’orateur et l’audience à condition que cela soit bien fait.